Je ne juge pas, c’est simplement mon expérience.
J’y suis entrée par un autre chemin : celui des démarches administratives, des dossiers à relire, des synthèses à produire, des courriers à formuler avec le bon ton, pour la bonne personne, au bon moment.
Pas que je ne sais pas écrire ces courriers. Simplement, après 10 ans de procédures, tribunaux, d’allers-retours avec des interlocuteurs différents, il y a une fatigue particulière qui s’installe. Devoir relire et se replonger dans des proses nauséabondes répéter les mêmes faits, replonger dans les mêmes documents, reformuler encore, clarifier toujours.
Se remettre mentalement dans des situations que l’on aimerait juste pouvoir laisser derrière soi.
Voilà de quoi m’a libérée en grande partie cet outil, qui dans ce cas, est relativement merveilleux, l’IA alias Jipiti m'a permis de mettre de l'ordre, garder la distance nécessaire et gagner en rapidité !
en quelques minutes cette chose vous analyse ce que vous avez eu à décortiquer en plusieurs heures… et presque par magie, les correspondants qui ne vous répondaient jamais se mettent à communiquer !
Elle ne règle pas les problèmes à votre place. Elle ne remplace ni l’analyse humaine, ni la vigilance, ni le discernement.
Mais elle peut parfois vous éviter de passer trois heures à remettre en forme ce que vous savez déjà, ou à chercher comment dire fermement les choses sans vous épuiser davantage.
Puis de fil en aiguille, j’ai trouvé un autre moyen de l’utiliser sans pervertir ma propre imagination ni mes outils créatifs qui restent les plus artisanaux - voir que certains considèrent comme obsolètes. Le plaisir du geste, le temps passé à griffonner, à tripoter la matière, choisir les couleurs, etc … Cela je n'ai aucune envie de le déléguer.
En revanche, mettre en forme mes créations pour les exposer sur les réseaux, c’est une autre histoire et là l’IA a pris son sens pour moi.
Moins d’originaux bruts jetés tels quels, des morceaux choisis, un détail, moins de montage ou d'intégration de texte chronophage… Et plus passé à d’autres activités que j’affectionne.
Les textes écrit par l’IA, ou trop lissés par l’IA, je commence à les repérer assez vite.
Avant même d’avoir testé Jipiti d’ailleurs, il m'est arrivé de lire quelques livres avec cette drôle de sensation de voir s’aligner des éléments, des faits, des gestes, des personnages avec un « je ne sais quoi » de trop plat.
Tout se tenait bien, le lien narratif existait certes, mais les personnages semblaient dénués d’émotions, sans épaisseur, des hologrammes au service d’une chronologie, ça manquait de saveurs en résumé.
Je disais donc : on les repère très vite, oui, y compris dans les articles, les commentaires, car l’IA vous répond souvent en fonction du profil qu’elle repère chez vous : le créatif, l’entrepreneur, le financier, l’avocat etc…
Jipiti vous brosse facilement dans le sens du poil et vous propose le consensuel avant toute chose, à moins d’être bien piloté. Il peut servir du pré-mâché dans le pire des cas, du propos bien structuré parfois même légèrement poétique au mieux…
Il me semble que savoir écrire avec un peu de sincérité à la base, avoir un minimum de bagage littéraire et surtout des expériences réelles à partager, c’est justement ce qui apporte cette épaisseur qui lui manque.
L’émotion, l’originalité de celui ou celle qui écrit.
Savoir quel propos on veut servir, si on prend plaisir aussi à écrire, à chercher, à créer... ou si l'on veut seulemnent « communiquer » des éléments.
On peut dire que tout est juste à condition de rester conscient que c’est un outil, un super outil même, qui n’est ni votre ami, ni votre double, du moins il n’est pas encore votre esprit…
Certains y voit de la pure perversion, d’autres le compagnon indispensable, à mon niveau, malgré le "flip" que je ressens toujours en arrière plan - rien que par la rapidité d’exécution, les dérives déjà visibles - je trouve que c’est un outil vraiment extra.
Avec, malgré tout, ses limites.
En bref, je m'en sers pour mettre de l'ordre, mais il ne crée pas à ma place.
J’ai connu un monde sans ordinateur et sans téléphone portable, eh oui !
Même si cela fait de nombreuses années que ces outils font partie de ma vie, je vois comment la société et les êtres qui la composent ont passé un cap.
Bien ? Pas bien ?
À suivre…







